La fondatrice :

Marguerite de Bourgogne

 

Qui était cette femme que les Tonnerrois connaissent sous le nom de Marguerite de Bourgogne, ses contemporains sous le nom de Marguerite de Nevers et l’histoire sous le nom de Marguerite d’Anjou-Sicile ?

Elle naquit en 1249 ou 1250, peut-être à Nevers. Elle était la fille d’Eudes, fils du duc de Bourgogne Hugues IV et de Mathilde, comtesse de Nevers, Auxerre et Tonnerre (ces 3 comtés étaient réunis depuis presque deux siècles).Elle passa son adolescence à l’abbaye de Fontevrault où elle reçut l’éducation qui seyait à une jeune fille de la haute noblesse.

Le comte Eudes se croisa et mourut en Terre Sainte en 1266. Dans son testament, il laissait un comté à chacune de ses filles et faisait de son père son exécuteur testamentaire. Yolande, l’aînée reçut le comté de Nevers, Marguerite, Tonnerre plus quelques terres en Berry et en Mayenne et Alix, la cadette, le comté d’Auxerre. Dans le testament il était dit que Marguerite pourrait choisir entre Auxerre et Tonnerre. Ce dernier fut choisi, car selon les documents d’époque « Tonnerre était meillour qu’Auxerre » au point de vue des revenus. Après la mort de son père, Marguerite connut la vie de cour au château ducal de Dijon. Bals, belles toilettes et riches atours furent son quotidien, mais ses qualités de coeur et d’esprit furent unanimement appréciées.

En 1268, âgée de 18 ans, elle épousa le frère du roi de France, Charles d’Anjou, de 23 ans son aîné. Le mariage eut lieu à Trani en Italie du sud et fut l’occasion de réjouissances fastueuses.

Crédit photo : Tonnerre Patrimoine

L'Hôtel-Dieu

 

Une impressionnante salle des malades du XIIIe siècle protégée par un demi-hectare de toiture. Des reconstitutions de la vie hospitalière au XIXe siècle.

 

La grande salle prévue pour 40 malades faisait aussi office de chapelle tout au fond pour que les malades puissent assister à la messe de leur lit.

 

Au centre de la chapelle, on remarque un mausolée édifié en 1828, là où en 1308 fut enterrée la Reine, dans un tombeau de cuivre et de bronze, détruit en 1793, pendant la Révolution.

Au dessus du maître-autel de la chapelle, se dresse une « Vierge au Buisson ardent », beau spécimen de la statuaire des confins de Bourgogne et Champagne du XIVe siècle.

 

Dans une sacristie latérale, se trouve une mise au tombeau du Christ de 1453, oeuvre de deux scultpteurs élèves de Klaus Sluter.

Louvois acheta en 1684, le Comté de Tonnerre, ce qui explique la présence de son mausolée.

 

Au sol, une curiosité astronomique issus de l'idée de deux férus d'astronomie qui au XVIIIe siècle reprirent les calculs des moines: le gnomon ou méridienne de l'hôtel-Dieu présente la particularité de croiser une méridienne avec une courbe en forme de 8. C'est un cadran solaire horizontal : lorsque la tache lumineuse est sur la méridienne, il est midi au soleil. lorsqu'elle de trouve sur la courbe, il est midi à Tonnerre (16 minutes de décalage sur Greenwich)

 

Le Gnomon ou Méridienne de Tonnerre

 

Cadrans solaires, gnomons ou méridiennes ?

 

Le mot gnomon est un mot latin qui veut dire aiguille de cadran solaire, venant du grec gnomon qui désignait une règle ou ce qui sert de règle. Par dérivation un gnomon est le nom du plus simple cadran

solaire : un bâton planté verticalement dans le sol, ou même encore plus simple : l'homme lui-même.

 

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Le musée

 

Pour terminer votre visite, ce petit musée de deux étages, intimement aménagé, retrace la vie de l'hôpital : art religieux (dont de très rares et belles chasubles brodées du XVIe siècle), statuaire (dont deux statues polychromes du XIIIe), mobilier, vitraux, bijoux de la reine et du roi, charte de fondation authentique et une très originale reconstitution d'un bloc opératoire du début du XXe siècle, et d'une chambre de malades du XIXe siècle.